Comment démarre l'activité de votre jeune cabinet ?
Cela démarre très bien. Je suis seul dans mon cabinet que j'ai ouvert le 1er janvier 2010. J'ai choisi de partir de 0, c'est à dire sans client, mais la progression de l'activité est satisfaisante. Les quatre premiers mois ont servi à mettre en place mon organisation puis j'ai rentré une vingtaine de clients sur le reste de l'année.
Quel chiffre d'affaires réalisez-vous ?
Pour l'année 2010, le chiffre d'affaires s'élève à 35 K €. Actuellement, je travaille avec trente clients, ce qui suffit à rentabiliser mon activité dès le milieu d'année 2011, sachant que mes frais sont limités : je travaille à domicile et mon système informatique, à base de logiciel Cegid, est entièrement décentralisé, ce qui me permet de n'avoir qu'un ordinateur et de ne pas m'occuper des sauvegardes. Je pense doubler l'activité en 2011. D'ailleurs, j'ai déjà dépassé le budget de recettes de 50% que je m'étais fixé. C'est pour cette raison que je fais une pause dans la prospection de clientèle. Il est important de maîtriser la croissance et donc de terminer la mise en place des dossiers.
Comment se décompose votre activité ?
Il s'agit surtout de chiffre d'affaires récurrent. La tenue comptable, qui inclut le conseil et la fiscalité, représente 55% du chiffre d'affaires. Le reste se répartit entre le commissariat aux comptes (20%), la révision comptable (20%) et le social (5%).
Le fait de travailler à domicile ne vous pose-t-il pas de problème pour recevoir les clients ?
Non car, d'une part, mon appartement, de 74 m2, est suffisamment grand. Je peux donc recevoir des entrepreneurs quand il le faut. D'autre part, les clients sont devenus nomades. Ils sont donc ouverts à ce genre de pratique qui consiste à ne pas disposer de bureau et à beaucoup communiquer par internet ne serait-ce que pour transmettre leurs factures. Quand je rencontre les clients, c'est davantage pour discuter de leurs comptes que pour les faire. En outre, je n'ai pas besoin d'espace pour archiver les papiers puisque l'essentiel des données sont électroniques.
Comment expliquez-vous le succès plutôt rapide de votre cabinet ?
Mon succès tient tout d'abord à mon offre concurrentielle. Je propose aux clients de pré-saisir leurs factures sur internet à partir d'un module que j'ai développé. Cela ne m'a rien coûté, si ce n'est l'achat d'une documentation à 29 euros. Et cette solution est complètement adaptée aux besoins de mes clients puisque c'est moi qui l'ai développée. L'autre force réside dans mon travail de communication. J'utilise plusieurs canaux. Des entrepreneurs que je connaissais m'ont contacté notamment pour prendre en charge le commissariat aux comptes. J'utilise aussi internet pour me faire connaître : je participe à des forums de discussion d'entrepreneurs. J'ai ainsi conseillé de façon bénévole. Ma plaque d'expert-comptable m'a également apporté des clients. Le club de boxe auquel je suis adhérent m'a fait connaître des dirigeants d'entreprise. Le bouche à oreille a ensuite produit des effets bénéfiques. Je participe aussi à des évènements tels que vernissages, expositions, cocktails où je noue des contacts. Enfin, le club d'entrepreneurs dans lequel je suis inscrit m'apporte des clients.
Vos clients avaient-ils déjà un expert-comptable ?
A 70%, mes clients créaient leur entreprise. Donc ils n'avaient pas d'expert-comptable. Les 30% restant en ont changé soit en raison d'un déménagement soit parce que leur expert-comptable n'était plus assez disponible.
Quelles sont les missions les plus porteuses dans votre activité ?
Le commissariat aux comptes est le plus rémunérateur car les taux horaires sont plus importants. Vient ensuite la révision comptable également en raison de ses taux horaires. La tenue comptable sert à trouver l'équilibre mais les marges sont faibles car il existe une grosse concurrence sur les prix.
Comment évolue la demande des clients ?
Les clients veulent de plus en plus se débarrasser du travail administratif. Ils ne veulent pas intervenir sur cet aspect et demandent qu'on leur explique comment mieux fonctionner. C'est pour cette raison que j'ai publié sur mon site web une foire aux questions (faq) pour les entrepreneurs. Les clients y demandent par exemple comment s'implanter à l'étranger, comment gérer la trésorerie… Bref, ils commencent à poser des questions pour obtenir du conseil en gestion.
La réforme de juillet 2010 de votre profession vous est-elle bénéfique ?
Cette réforme ne me sert nullement. Je ne cherche pas à développer d'activité commerciale accessoire et je n'envisage pas de prendre des participations dans des sociétés. Quand aux services aux particuliers, je faisais déjà des déclarations mais je ne souhaite pas développer davantage cette activité qui n'est pas prioritaire.
Un article des Editions Législatives