Vos partenaires vous accompagnent

Groupama
Groupama
Avec Groupama, Assureur généraliste, valorisez auprès de vos clients votre démarche Les Alertes professionnelles et proposez un bilan santé d'assurance de l'entreprise et de l'entrepreneur.

Vidéo : "La soi-disant concentration du marché de l'audit relève de la presbytie"

lundi 4 avril 2011
Quelle est la position de Grant Thornton sur le débat initié par la Commission européenne en matière d'audit légal ? Daniel Kurkdjian, président de l'organisation pour la France, livre sa vision très tranchée.
Vidéo : "La soi-disant concentration du marché de l'audit relève de la presbytie"
Noter :

Pensez-vous utile le débat sur l'audit légal lancé par la Commission européenne ?

C'est une économie américaine ultra-libérale, que le gouvernement démocrate n'arrive pas à juguler, qui a été à l'origine de la crise de ces dernières années. Les défaillances de la chaîne financière, avec les subprimes et la titrisation de produits financiers, ont entraîné une perte de confiance. Pour stopper la crise de liquidités interbancaires, le gouvernement américain a alors injecté de l'argent jusqu'au jour où il a décidé d'arrêter de prêter à Lehman Brothers. En Europe, un commissaire, nouvellement élu, se dit "plus jamais ça". Il décide donc, schématiquement, de réguler en Europe de sorte qu'il n'y ait plus de crise aux Etats-Unis. Il n'était pas nécessaire d'ouvrir un chantier sur un non débat en Europe. D'autant plus qu'en France et dans d'autres pays du continent existent des régulations qui répondent à la plupart des dérives possibles. Il n'y a pas eu depuis longtemps de problèmes sur une place financière majeure en Europe. S'il y a des sujets à traiter, ils sont à la marge.

Ce n'est pas forcément l'analyse de tous les professionnels de l'audit…

La première réponse de la profession consiste à dire que l'on va accompagner l'initiative de Bruxelles en proposant de faire encore mieux. Ma posture est différente. Il faut faire comprendre à notre environnement ce que l'on réalise déjà et réduire l'expectation gap, c'est-à-dire le fossé qui existe entre les attentes du marché et la réalité de la réglementation qui nous est applicable.

Vous estimez donc que le rôle de l'auditeur, tel qu'il est défini aujourd'hui, convient parfaitement ?

Il existe une attente pour se prononcer non pas sur les comptes historiques des entreprises mais sur leur santé financière et leur futur. La profession a répondu qu'elle allait examiner ce que l'on peut faire dans ce domaine. Mais l'auditeur ne peut pas analyser davantage le futur que le passé.

Le diagnostic de la trop grande concentration du marché de l'audit vous semble-t-il pertinent ?

C'est avoir une méconnaissance du marché que de poser la question de cette manière-là. La soi-disant concentration du marché de l'audit relève de la presbytie. Il existe 6 organisations mondiales, les Big four, Grant Thornton et BDO, dont 4 sont dominantes. Grant Thornton et BDO sont présents dans plus de 100 pays dans le monde même s'ils ne se positionnent peut-être pas sur le même segment de marché que les autres. Donc si le spectre vise les 4 plus grandes organisations, il est juste de parler de concentration du marché. Mais si l'on regarde les choses de plus près, c'est à dire avec les 6 maisons véritablement capables d'intervenir dans le monde, la question est moins pertinente. Ce que l'on peut faire, c'est aider la profession à communiquer pour éviter que certaines missions ne soient réservées à une seule catégorie de cabinets comme c'est par exemple le cas avec l'existence de clauses contractuelles réservées aux 4 grands. Une autre suggestion serait d'interdire aux Big four de mettre la main sur des membres d'organisations plus petites.

Puisque vous n'adhérez qu'à des modifications à la marge, vous êtes donc opposé à généraliser le co-commissariat en Europe ?

Non, je suis favorable car le co-commissariat est un outil de déconcentration. C'est grâce à cela que Grant Thornton s'est développé. Regardez le marché français : il est moins concentré que ne l'est, par exemple, le marché allemand.

Certains craignent des dommages en termes de coût et de qualité…

Le sujet est celui de l'indépendance de l'opinion qui fonde la qualité de la signature. L'indépendance de jugement est favorisée par le co-commissariat car nos cabinets sont concurrents, ce qui, au demeurant, favorise l'émulation. Nous n'avons aucun intérêt à faire plaisir à nos confrères. Pourquoi les anglo-saxons ne veulent pas de l'audit conjoint ? Parce qu'ils sont davantage imbibés de culture économique individualiste et encadrés par un droit de la responsabilité plus exposé.

Quelle est votre position sur le sujet de la création de cabinets exclusivement dédiés à l'audit ?

Il est navrant que l'on soit encore sur ce sujet. La mission d'audit relève d'une réflexion et non d'un "coup de tampon". Le commissariat aux comptes doit reposer sur des expertises très larges en comptabilité, en fiscalité, en évaluation ou encore en système d'information. Les experts, qui ont besoin de s'enrichir, sont plus pointus que des commissaires aux comptes moyens. Les cabinets purement basés sur des prestations d' audit risqueraient d'appauvrir la mission et de baisser la qualité des prestations. En France, ce débat est clos.

Pourtant, certains professionnels, tels que Michel Tudel, sont plutôt favorables à la création de cabinets purs audit…

Michel Tudel réalise du commissariat aux comptes de PME. Le jour où il interviendra dans les entreprises de plus grande dimension, il changera certainement d'avis. Il s'agit d' une question de réalité de terrain.

Pierre Delsaux, bras droit de Michel Barnier en matière d'audit et de comptabilité, analyse que les répondants au livre vert estiment inutiles l'audit complet dans les PME. Quel est votre avis ?

Le vrai problème réside dans la dualité entre l'expert-comptable et le commissaire aux comptes (CAC) dans la PME. C'est un sujet corporatiste qui se manifeste par exemple dans l'audit des sociétés anonymes. Je considère qu'il faut un professionnel, expert-comptable ou CAC, qui émette un avis sur les comptes de l'entreprise.
Un article des Editions Législatives
Vous appréciez cet article ? Partagez-le !
Partagez-le sur Wikio Partagez-le sur Scoopeo Partagez-le sur Tape moi Partagez-le sur Fuzz Partagez-le sur Mister Wong Partagez-le sur Jamespot Partagez-le sur Google buzz Partagez-le sur Facebook Partagez-le sur Twitter
Envoyer par e-mail
Commentaires

Ajouter un commentaire


Saisissez le code présent dans l'image de gauche.
Ce système de saisie de code nous permet d'éviter la réception de spams et contribue à la qualité des commentaires sur nos articles. Il n'apparaitra plus une fois identifié.