"Je veux casser l'image commissaire aux comptes égal gros groupe industriel", lance Claude Cazes. A quelques jours des assises de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC), son président illustre la volonté de mener à bien la transition de la profession. Et de marquer qu'une nouvelle ère débute pour l'auditeur légal. Celle d'un acteur qui répond à la demande du marché. Finies les nombreuses années au cours desquelles son rôle s'est développé au rythme des poussées réglementaires. Une façon de tourner définitivement la page à l'épisode douloureux des petites SAS.
Capacité d'adaptation
Quelle stratégie la Compagnie nationale des commissaires aux comptes adopte-t-elle pour prendre ce virage historique ? "Je veux démontrer la capacité du CAC à s'adapter aux entités qu'il contrôle", a rappelé hier son président Claude Cazes. Car les territoires à couvrir sont de plus en plus diversifiés. En terme de structures, à l'image de l'arrivée de certaines universités, de certains établissements de santé ou de certains syndicats dans les missions de l'auditeur légal. Mais aussi en termes de taille d'entités à contrôler. Y compris, même si le président de la CNCC ne les a pas explicitement cité, les petites SAS qui n'ont plus l'obligation de faire certifier leurs comptes.
Fini le cadre unique de l'audit
Pour s'adapter à l'entité contrôlée, la CNCC pousse les CAC à trouver le meilleur rapport coût/avantage. "C'est le professionnel qui choisit les outils à utiliser. Le corps des normes reste le même mais on peut l'appliquer avec davantage de discernement". Un discours novateur après des années de dogmatisme du cadre unique du process d'audit. Et qui trouve un accueil très satisfaisant auprès des petites entités. "Une entreprise voit d'autant plus l'intérêt d'un auditeur si le contrôle n'est pas excessif", analyse le président de la CNCC. Qui estime que ses confrères sont, eux aussi, enchantés par la norme associée. Au point que la question du prolongement de ce processus, à destination des petites associations, est à l'ordre du jour. Une stratégie qui interpelle. Voire qui fait recette. A quelques jours de l'ouverture des assises, la Compagnie table sur la présence de 1200 congressistes. D'habitude, ils ne sont que 700 à 800.
| Le contrôle qualité doit lui aussi s'adapter |
| Cette logique d'adaptabilité des missions trouve son corollaire dans le contrôle qualité des auditeurs légaux. Aujourd'hui, les CAC du ressort des compagnies régionales de Paris, Versailles, Rennes et Douai sont exonérés, quand leur cabinet détient moins de 20 mandats, de l'obligation de dépaysement des contrôleurs. Le premier commissaire aux comptes de France demande à généraliser, pour ces cabinets là, cette pratique de non-dépaysement à l'ensemble de la France. Alors que les cabinets détenant des mandats d'entités d'intérêt public (EIP) non cotées garderaient des contrôleurs dépaysés. Et les cabinets détenant des mandats d'EIP cotées resteraient examinés par le H3C (Haut commissariat aux comptes). |
Un article des Editions Législatives (www.actuel-expert-comptable.fr)